| La mine "souterraine" de Mitterstill (Autriche) Regardez-bien ces deux images. A gauche, vous avez l'entrée de la mine de Tungstène de Mittersill en Autriche. C'est l'exemple favori des porteurs de projets miniers en Europe (et de Breizh Ressources
bien sûr). La mine serait entièrement souterraine. Une fois les
minerais retirés, les roches seraient remises dans les galeries pour les
combler. Rien d'autre que le tungstène ne sortirait de cette mine. Même
le parking des employés est souterrain. C'est une histoire séduisante,
c'est certain. Cependant,
les défenseurs des mines oublient généralement de décrire une partie du
dispositif industriel. L'image de droite, a été prise quelques
kilomètres au nord de l'entrée de la mine, on y voit de gigantesques bassins de rétention de boues toxiques.
Car oui, la réalité n'est pas aussi simple. Ceux qui ont déjà cassé et
déblayé un mur le savent bien, lorsque la roche est cassée elle prend
beaucoup plus de place que lorsqu'elle est intacte, 2,5 fois plus en
moyenne. Alors certes, on peut reboucher les galeries mais il reste
encore beaucoup de matière à stocker. La solution de Breizh Ressources : valoriser les déchets ? A Breizh Ressources, ils
ont pensé à tout, et ils nous tentent de nous rassurer : il y aura
moins de déchets car ils valoriseront les déchets. Ils prennent
l'exemple du projet de mine de Lithium d'Echassières (Allier), Imerys souhaiterait y valoriser le quartz et le feldspath qui sont aujourd'hui considérés comme des déchets. Alors
passons déjà sur le fait qu'il est bien facile pour eux de s'engager
sur l'exploitation minière alors qu'ils seront les premiers à
disparaître dès qu'il auront vendu le permis. Mais surtout, faisons un
rapide calcul. Les teneurs en métaux sont très faibles dans les
gisements exploitables : de 0.1 à 2%. Mettons que la mine du futur soit
vraiment très forte et qu'en cumulant toutes ces teneurs, la mine
parvienne à exploiter 20% de la roche extraite, ce qui parait déjà
impensable. Et bien les déchets continueront d'occuper 2 fois plus de place que la roche intacte. C'est mieux mais on est encore très loin d'avoir résolu le problème ! Rappelons
d'ailleurs que ces déchets sont toxiques à cause des métaux lourds tels
que le plomb, le mercure, l'arsenic ou encore l'antimoine, mais aussi
par les procédés d'extraction qui utilisent quantités de produits
chimiques, dont, pour l'or, du cyanure. Et l'eau dans tout ça ? Mais ce qu'on oublie surtout de dire, c'est que ce n'est pas parce qu'une mine est invisible qu'elle n'est pas dangereuse.
En particulier, lorsqu'on creuse sous une nappe phréatique, on la
draine et on la pollue puisqu'elle passe dans des galeries où les métaux
lourds ont été rendus disponibles. Et en ces temps de canicule nous en sommes conscients : nous avons peu de ressources en eau en Bretagne. La réponse est donc simple : une mine propre ça n'existe pas, et une mine responsable ça ne veut rien dire. |